6 atouts pour faire la différence face a votre employeur

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Quinquagénaires en mobilité professionnelle : vos 6 atouts pour faire la différence face a votre employeur

Le marché du travail n’est pas tendre avec les quinquagénaires. Ces derniers doivent souvent surmonter des freins à leur recrutement ou à leur mobilité professionnelle. Au-delà de ces préjugés, il existe pourtant de réels arguments en faveur du travail des plus de 50 ans.

Un marché du travail difficile, surtout pour les plus de 55 ans

Le taux d’emploi des 55/64 ans (part des personnes occupant un poste de travail) s’est redressé en France depuis le début des années 2000. C’est le constat de la Mission sur le maintien en emploi des seniors, dans son rapport remis au gouvernement français en janvier 2020.

Selon ce rapport, en 2018, 52,1% des personnes âgées de 55 à 64 ans étaient en emploi, pour seulement 36,4 % en 2003.

Des statistiques positives en trompe l’œil

Apparemment optimiste, ce bilan est cependant à nuancer. Le taux d’emploi chute fortement après 59 ans. Ce taux est de 72,1 % pour la tranche 55/59 ans, et seulement de 31,0 % pour les 60/64 ans. Cette chute brutale peut s’expliquer par les départs à la retraite, mais aussi parce que beaucoup de personnes sont poussées contre leur volonté hors du marché du travail.

Ce qui peut amener certaines d’entre elles a envisagé une reconversion professionnelle à 50 ans plus en phase avec leurs aspirations personnelles.

Loin d’être homogène, le taux d’emploi varie grandement en fonction du niveau de diplômes et des secteurs d’activité. Il est également inférieur pour les femmes sur l’ensemble de la tranche d’âge 55/64 ans (49,9 % contre 52,8 % pour les hommes en 2017).

De surcroît, le taux d’emploi des 55/64 ans reste nettement inférieur à celui des tranches d’âges plus jeunes.

Ainsi, le taux d’emploi des 50-54 ans est similaire à celui des 25-49 ans (au 1er semestre 2017, le taux d’emploi des 50-54 ans dépassait les 80%).

La France en retrait pour le taux d’emploi des 55/64 ans

Le taux d’emploi des 55 à 64 ans en France reste faible en comparaison internationale. Malgré sa récente amélioration, le taux d’emploi en France est inférieur à celui des autres membres de l’Union européenne (58,7 %) ou de l’ensemble des pays de l’OCDE (61,4 %).

L’écart est encore plus important avec des pays comme la Finlande, les Pays-Bas, le Danemark ou l’Allemagne (de 19 à 25 % de retard). La différence est même abyssale avec la Suède et l’Islande, championnes du monde du taux d’emploi des 55-64 ans, avec des scores autour de 80 %.

Face à ces disparités, le rapport de France Stratégie «Les seniors, l’emploi et la retraite» incite à faire preuve de prudence quant à leur analyse.

Comparaison n’étant pas toujours raison, l’étude de ces écarts doit prendre en compte certaines spécificités présentes selon les pays : importance du travail à temps partiel (Pays-Bas, Suisse et Allemagne), forte baisse de revenus à la retraite incitant à rester en activité (Suisse, Allemagne, Suède, Finlande), efficacité globale en matière d’emploi. Tous ces facteurs influent sur la situation professionnelle des plus de 50 ans.

La crainte d’une fin de carrière compliquée

Les seniors sont nombreux à connaître des fins de carrières difficiles. Une grande partie d’entre eux passe par des périodes de chômage ou d’inactivité avant de bénéficier de leurs droits à la retraite.

Ainsi, la proportion des personnes ne se trouvant ni en emploi, ni en retraite augmente progressivement entre 55 et 60 ans, pour atteindre près de 28 % à l’âge de 60 ans (moyenne calculée sur les années 2016 à 2018).

A l’origine, un moyen de lutter contre le chômage

Afin de lutter contre la montée du chômage à partir du milieu des années 1970, un consensus a été trouvé entre les pouvoirs publics français, les employeurs, les syndicats et les salariés.

Il s’agissait alors de favoriser le recrutement des jeunes tout en facilitant le départ à la retraite des salariés les plus âgés, considérés usés par une dure vie de travail.

Cette vision est désormais dépassée, mais elle imprègne encore de nombreux esprits, on ne change pas aussi facilement un mode de pensée.

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Les obstacles perçus au recrutement ou au maintien des 50 ans et plus

Il vrai qu’à 50 ans, nous ne correspondons plus à l’image d’Épinal du jeune cadre dynamique, rempli d’enthousiasme et d’énergie, prêt à conquérir le monde.

Éloignés de ce portrait idéalisé, voire caricatural, les quinquagénaires seraient donc, pour certains, porteurs de tares rédhibitoires. En voici quelques-unes qui constituent des freins à l’embauche ou au maintien dans les effectifs.

Les quinquagénaires sont parfois considérés comme incapables d’évoluer dans leur emploi, inaptes à s’adapter aux nouvelles technologies, dépassés par la modernisation des méthodes de travail dans un univers économique concurrentiel. Autant d’éléments qui pourraient nourrir une véritable source de résistance à tout changement dans l’entreprise.

Les quinquagénaires, vu leur âge, seraient plus vulnérables face aux problèmes de santé, moins endurants face au stress et à la fatigue.

En outre, avec le système de la rémunération à l’ancienneté, ils deviendraient trop coûteux pour être gardés dans les effectifs.

Enfin, recruter un ou une quinqua, ce serait prendre le risque d’avoir à encadrer une personne difficile à manager tout en étant surdimensionnée par rapport au poste. Et outre, elle resterait peu de temps dans l’entreprise en attendant sa retraite.

Des préjugés pourtant aisés à réfuter

Incapables d’évoluer dans leur travail, les quinquagénaires ? Mais, ils n’ont fait que cela depuis le début de leur carrière.

Que de changements assumés en trois décennies: la montée en puissance de l’informatique et des nouvelles technologies, le passage à l’euro et à l’an 2000, l’émergence du commerce électronique, la concurrence de plus en plus mondialisée, les nouvelles méthodes d’organisation et de management, et bien d’autres mutations encore…

Les quinquagénaires savent faire face aux changements, ils l’ont d’ailleurs prouvé à maintes occasions en accompagnant ou en étant à l’origine de nombreuses initiatives.

Trop coûteux les quinquagénaires ? A cette période de la vie, l’intérêt du travail prime sur le montant du salaire. Ainsi dans son baromètre 2018 « L’accès à l’emploi et les seniors », le cabinet A Compétence Égale constate que 75% d’entre eux accepteraient une diminution de leur salaire.

De plus, un salarié quinquagénaire est souvent rapidement opérationnel grâce à la richesse de son expérience professionnelle. Il n’y a pas besoin de le former ou de l’encadrer plus étroitement à son arrivée dans l’entreprise, une économie de temps et d’argent.

Quant à la réticence à recruter un ou une quinquagénaire qui restera trop peu de temps dans l’entreprise, il convient de se rappeler que cette personne a encore devant elle plus de dix années de vie professionnelle. Dans un contexte de marché du travail difficile, cette dernière fera sans doute preuve de fidélité à son entreprise.

Il est impossible de garantir qu’un salarié plus jeune restera aussi longtemps qu’un quinquagénaire chez son employeur.

Le travail des quinquagénaires et plus : 6 atouts professionnels méconnus mais bien réels

Les entreprises qui recrutent des personnes de plus de 50 ans ou les gardent dans leurs effectifs s’offrent de précieuses ressources. Voici un tour d’horizon de ce qu’apportent les quinquagénaires à leur employeur.

  • Une grande faculté d’adaptation : lors de leur parcours professionnel, les plus de 50 ans ont su résoudre de nombreuses problématiques. Se faisant, ils ont développé leur capacité à prendre du recul, à relativiser, à analyser les risques, à mettre en œuvre des solutions avec flexibilité et réalisme.
  • Une plus grande disponibilité de temps et d’esprit : à 50 ans, on passe moins de temps à s’occuper de ses enfants, à les garder quand ils sont malades ou à les emmener à leurs activités sportives ou culturelles.
  • Une focalisation sur les résultats : à la cinquantaine, on est moins motivé par le carriérisme. On se désintéresse des jeux de pouvoir et des intrigues internes à l’entreprise, l’essentiel n’est plus là.
  • Une fidélité et une loyauté envers leur employeur : moins motivés par leur plan de carrière, les quinquagénaires sont un élément de stabilité dans l’entreprise. C’est un antidote efficace au turn-over élevé de certains services.
  • Des valeurs à transmettre : une riche expérience professionnelle est synonyme d’autonomie, d’expertise, de connaissances accumulées. Autant d’éléments précieux à transmettre aux salariés plus jeunes. Les Quinquagénaires perpétuent la mémoire de l’entreprise, ils font partie des témoins et des acteurs de son identité.
  • Un équilibre dans la pyramide des âges : mixer la vision des jeunes générations (dynamisme, ambition, formations) avec celles des quinquagénaires (expérience, prise de recul, mémoire de l’entreprise) peut créer un cerveau collectif agile et efficace, un bel outil de pilotage en ces temps troublés et incertains.

Autant d’atouts pour les Quinquagénaires qui veulent être acteurs de leur mobilité professionnelle.

Sources :

« Favoriser l’emploi des travailleurs expérimentés » – Rapport de la Mission sur le maintien en emploi des seniors – Janvier 2020
https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_emploi_des_seniors_janv2020.pdf

«Les seniors, l’emploi et la retraite» – Rapport de France Stratégie – Octobre 2018
https://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/fs_rapport-seniors-emploi-retraite_01102018_0.pdf

« L’accès à l’emploi et les seniors » – Cabinet A Compétence Égale – 2018
https://acompetenceegale.com/images/Les-seniors-et-laccs–lemploi_2018.pdf