Consommer oui, mais consommer en conscience

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Consommer oui, mais consommer en conscience

« Aïe, on nous fait croire
Que le bonheur c’est d’avoir
De l’avoir plein nos armoires »

Foule sentimentale – Alain Souchon

 

Dans notre société de consommation, héritage de la période des Trente Glorieuses, la possession de biens nous valorise, nous attribue un statut social et nous distingue des autres dans un contexte de comparaison sociale. Ce que je détiens me définit, confusion ultime de l’être et de l’avoir.

L’accumulation de produits, parfois inutiles ou peu employés, encombre nos maisons et nos esprits, nous empêche de voir l’essentiel.

De surcroît, la publicité veut nous convaincre que la porte du Bonheur ne s’ouvre qu’avec la clé de la possession de biens matériels, toujours plus nombreux.

Faire la part de l’essentiel dans nos vies nous amène naturellement à nous interroger sur nos achats, notamment sur le coût réel des choses et sur l’illusion du bonheur par la consommation.

Déterminer le vrai coût des choses afin de mieux sélectionner ses achats

En effet, il convient de distinguer le prix du coût des biens matériels que nous acquérons. Prenons un exemplaire concret pour être plus clair : vous achetez une nouvelle voiture qui vaut 30 000 €. Dans le cas présent, le prix de ce véhicule, exprimé en unités monétaires, est de 30 000 €. Mais cette somme d’argent, comment vous l’êtes-vous procuré ? Sans doute avez-vous dû travailler afin de réunir ce montant ou bien alors vous avez emprunté cet argent auprès de votre banquier préféré.

Qu’il s’agisse d’un achat financé par vos économies ou par un prêt, le résultat est identique. A moins d’avoir hérité d’un oncle d’Amérique, vos économies proviennent de votre travail salarié ou vous honorerez les échéances de votre emprunt grâce aux revenus futurs de votre emploi.

En d’autres termes, afin d’acheter votre nouvelle voiture, vous avez vendu ou vous vendrez votre temps, votre l’énergie et votre stress. Dans l’hypothèse où votre emploi ne vous apporte que peu ou pas d’épanouissement, vous monnayez en outre de la frustration, de la tristesse voire même du mal-être.

Cela constitue le coût réel de l’achat, l’argent dépensé n’étant que la matérialisation du temps, de l’énergie, du stress, de la frustration, de la tristesse et du mal-être que vous avez cédés.

Le coût réel d’acquisition est donc composé :

  • d’une unité objective : le temps vendu que vous pouvez calculer en fonction de votre taux horaire de rémunération.
  • d’unités subjectives : les autres éléments du coût réel qui s’avèrent difficiles à quantifier et qui ne s’apprécient que de manière personnelle.

Il ressort de cette définition que pour deux personnes ayant un revenu identique, le coût réel d’acquisition peut se révéler différent. Continuons notre exemple de l’achat d’une voiture à 30 000 €.

Prenons l’hypothèse que deux individus A et B gagnant chacun 2 000 € par mois fassent l’acquisition de cette voiture.

La personne A bénéficie d’un emploi qui l’intéresse et dans lequel elle s’épanouit. La personne B, quant à elle, effectue un travail peu passionnant qui l’infantilise et lui fait perdre sa confiance en elle-même.

Dans cet exemple, à salaire strictement équivalent, le coût réel d’acquisition de la voiture est supérieur pour la personne B comparativement à l’individu A.

Quoi qu’il en soit, seuls A et B sont en mesure de déterminer si ce coût réel d’acquisition est disproportionné ou non, au regard du bénéfice de posséder une nouvelle voiture.

En effet, n’oublions pas que l’acquisition d’un bien nouveau génère aussi sa part de satisfaction, voire de plaisir.

 

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Ne pas se priver du plaisir de consommer, mais ne pas en attendre du bonheur

Bien entendu, il est agréable de fréquenter les magasins et les galeries marchandes et l’acquisition d’un bien peut être source de joie et de bonheur. Cela fait partie intégrante des petits plaisirs de la vie.

Mais combien de temps va durer ce sentiment ? Poursuivons notre histoire avec la personne A qui vient d’acheter sa nouvelle voiture. Lors de l’acquisition, elle a sans doute ressenti le plaisir d’acheter un nouveau véhicule. Puis, elle a apprécié de conduire sa voiture. Elle a goûté la précision de la direction, le confort de la suspension, le moelleux des sièges en cuir, la puissance du moteur, la modernité des outils électroniques d’aide à la conduite.

Puis, est venu le temps de présenter la nouvelle voiture aux différents membres de la famille, au cercle des amis, aux collègues de travail, aux voisins.

Mais lorsque l’attrait de la nouveauté aura disparu, une fois que la tournée de présentation sera achevée, la personne A retrouvera le niveau de satisfaction que lui offrait son ancienne voiture.

Il ne faut pas attendre que la consommation nous apporte le bonheur de manière facile et rapide car ce n’est pas son rôle.

La consommation est là afin de répondre à nos besoins et non pas pour compenser un manque d’estime de nous-même ou un mal-être intérieur.

A ce stade, il convient de dissiper un éventuel malentendu. Il ne s’agit pas, ici, de critiquer ou de ridiculiser la personne A d’avoir acheté une nouvelle voiture, Il est seulement question de prendre conscience que cet achat ne la rendra finalement pas plus heureuse qu’avant.

Il ne s’agit pas non plus de stigmatiser la consommation, mais il convient de faire la distinction entre le nécessaire et le superflu, ce qui revient à nous interroger sur ce qui est essentiel dans notre vie.

Dans cette quête de l’essentiel, certains se dirigent vers des mouvements tels que le minimalisme.

La devise des adeptes du minimalisme pourrait se formuler ainsi « posséder moins afin de devenir plus heureux ». Cela signifie disposer de moins de biens matériels, gaspiller moins de temps dans des relations insatisfaisantes ou devant la télévision…

Les minimalistes préfèrent la qualité à la quantité. Ainsi, ils donnent ainsi à leur vie plus de sens et d’équilibre. Ils laissent de côté l’accessoire et se focalisent sur l’essentiel, en privilégiant le respect de leurs valeurs et leur accomplissement personnel.

Quoi qu’il en soit, la recherche de l’essentiel dans notre vie suppose une démarche afin de découvrir nos valeurs et nos importants.