La procrastination, un bon moyen de rater sa vie

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La procrastination, un bon moyen de rater sa vie

Selon un sondage réalisé en février 2019 par ODOXA, 85 % des Français déclarent procrastiner. Ils sont deux tiers à lutter contre leur tendance à la procrastination, sans toujours y réussir.

Or, avoir 50 ans c’est prendre conscience que le temps qui passe est devenu le temps qui reste.

Nous n’avons plus le luxe d’attendre, de remettre à demain les projets qui nous tiennent à cœur, de stagner dans la crise de la cinquantaine.

Raison de plus pour mieux comprendre la procrastination, savoir comment la reconnaître et surtout apprendre à s’en défaire.

Définition de la procrastination

Mais que veut dire procrastination ? Le terme procrastination vient du mot latin « procrastination » que l’on peut traduire par « ajournement ». Il est composé de pro signifiant pour, et de cras voulant dire demain.

Procrastiner, c’est donc remettre sans cesse à demain ce que l’on devrait faire aujourd’hui. C’est une tendance à différer des décisions ou des actions. La procrastination s’applique également à des habitudes nocives dont nous repoussons l’arrêt.

Comment reconnaître la procrastination ?

La procrastination est une décision prise librement, hors de l’influence d’une contrainte extérieure. Nous nous persuadons alors qu’il est préférable d’agir plus tard, en trouvant des raisons qui nous semblent satisfaisantes sur l’instant.

Cependant, pour être assimilé à de la procrastination, nous devons être conscients que ce report pourra créer un problème à terme. Cela revient à sciemment privilégier le présent, au risque de compromettre l’avenir.

De fait, il existe une opposition entre ce que nous faisons, et ce que nous pensons devoir faire.

Il s’agit d’une décision allant à l’encontre de nos intérêts futurs, faisant abstraction de l’exercice de notre rationalité.

Les deux formes de procrastination

On peut distinguer deux formes différentes de procrastination :

  • la procrastination active. C’est une attitude consciente pour se donner le temps de réfléchir, une manière de goûter l’excitation de l’urgence. Elle est souvent le fait de personnes se trouvant plus performantes quand elles travaillent sous pression.
  • la procrastination passive. Il s’agit d’un comportement qui nous dépasse, qui nous emprisonne et dont nous souffrons.

Si la procrastination active peut relever d’une stratégie personnelle, la procrastination passive, quant à elle, s’avère particulièrement néfaste.

Cette dernière peut influer négativement le cours d’une vie entière. En effet, en repoussant les tâches qui nous semblent pénibles, en évitant les obstacles qui nous paraissent infranchissables, nous passons à côté d’opportunités, d’occasions que la vie nous offre.

La procrastination passive se manifeste dans tous les domaines de vie :

  • retarder le moment d’effectuer les tâches ménagères,
  • différer le paiement d’une facture,
  • ajourner la réponse à une offre d’emploi,
  • hésiter à aborder la personne qui nous plaît,
  • décaler la pratique régulière d’une activité sportive,
  • repousser le changement de vie que nous souhaitons depuis tant d’années…

Autant d’illustrations de l’impact de la procrastination passive sur nos existences. La suite de cet article vous permettra de mieux la connaître pour plus facilement la maîtriser.

Portrait robot du procrastinateur passif

Nous ne sommes pas tous égaux face à la procrastination. Certains traits de caractère éloignent ou favorisent cette dérive comportementale.

Ainsi, selon les travaux du psychologue suisse Sowon Kim, l’extraversion, le fait d’être consciencieux, la bienveillance et l’empathie envers autrui immunisent contre la procrastination.

Les personnes extraverties prennent plus d’initiatives et sont plus proactives. Les individus consciencieux sont fiables et sérieux. Quant aux gens bienveillants et empathiques, ils se préoccupent des conséquences négatives de leurs atermoiements pour les autres.

Autre élément relevé par les chercheurs W. van Eerde et M. Venus de l’Université d’Amsterdam, la maîtrise de soi permet d’ignorer les facteurs de diversion pour agir efficacement.

Tout cela constitue d’efficaces antidotes à la procrastination passive.

A contrario, l’instabilité émotionnelle, la rumination incessante du passé et, particulièrement, le stress chronique ou ponctuel encouragent la procrastination.

En effet, ces divers éléments cultivent le sentiment pénible de ne pas être à la hauteur du travail à effectuer. Ils accroissent la perception de la difficulté de l’activité à accomplir. Animé par le souci d’éviter une douleur trop vive, la personne atteinte de procrastination repoussera alors la tâche à exécuter, dans le temps et dans son esprit.

Les comportements liés à la procrastination passive

La procrastination peut se traduire par un comportement amorphe, un recours abusif à la rêverie, une retraite dans une sorte d’errance mentale. La procrastination provoque souvent une inhibition, c’est à dire un blocage psychologique du passage à l’action. La personne procrastinatrice peut sembler paralysée, prise au piège.

Cependant, la procrastination passive ne se manifeste pas obligatoirement par un repli vers l’inaction ou vers l’inhibition. Bien au contraire, la personne procrastinatrice peut trouver une multitude de choses à faire. Plus que d’action, il s’agit bien ici d’agitation dont le seul but est d’éviter de se consacrer à ce qui rebute ou fait peur. Afin de masquer cette manœuvre d’évitement, la personne procrastinatrice se consacre activement à des activités secondaires, non urgentes. Elle renverse l’ordre des priorités, elle bouscule la hiérarchie des tâches à effectuer.

Dans les deux cas, c’est un mécanisme de protection à court terme qui se met en place. Cela relève de l’erreur de jugement qui privilégie un faible bénéfice immédiat à un coût prévisible plus important à long terme.

En quelque sorte, se soumettre à la procrastination passive revient à faire un mauvais usage de sa liberté. Afin d’échapper à cela, nous verrons tout à l’heure comment arrêter la procrastination.

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Les conséquences de la procrastination passive

A court terme, la procrastination passive nous enferme dans un confort illusoire et faussement apaisant.

Mais, à plus long terme, la personne procrastinatrice sera toujours rattrapée par la réalité de la vie :

  • les tâches ménagères se sont accumulées,
  • la facture non payée dans les délais a généré des intérêts de retard,
  • l’offre d’emploi à laquelle nous n’avons pas répondu est maintenant pourvue,
  • la personne qui nous plaît a trouvé le bonheur avec quelqu’un d’autre,
  • l’absence de pratique régulière d’une activité sportive nuit à notre santé,
  • le changement de vie que nous souhaitons depuis tant d’années demeure à l’état de rêve…

Autant de petits renoncements personnels qui écornent notre estime de nous-mêmes, qui nous diminuent à nos propres yeux.

Petit à petit, procrastiner devient une habitude, une facilité qui limite notre capacité à affronter les nombreux défis de l’existence.

Au fur et à mesure, nous nous persuadons de notre incapacité à faire face au réel. Nous perdons confiance en nous, en nos ressources personnelles.

Comment lutter contre la procrastination

Il existe des parades simples pour dire stop à la procrastination. Voici donc quelques outils afin d’arrêter la procrastination.

  • Pratiquez la zéro culpabilité. Comme nous l’avons vu précédemment, la procrastination est un mécanisme de protection. Une partie de votre inconscient souhaite vous préserver d’un danger réel ou imaginaire. Remerciez sincèrement cette partie tout en lui précisant que vous avez bien compris son message. De prime abord, cela peut vous sembler saugrenu, pourtant vous vous parlez à vous-mêmes plusieurs fois par jour sans vraiment y prêter attention. Considérer que la procrastination repose une intention positive vous permet de ne pas culpabiliser. Vous aurez ainsi l’esprit plus disponible pour lutter contre la procrastination.

  • Respirez lentement et amplement. Avec la respiration vous pouvez accéder rapidement au calme intérieur. N’oubliez pas qu’un stress trop important, loin de vous inciter à agir, favorise au contraire la procrastination. Respirez de manière complète, c’est-à-dire en gonflant le ventre à l’inspiration et en le rétractant à l’expiration.

  • Visualisez le résultat à atteindre et divisez votre projet en actions simples et réalisables. Une montagne ne se gravit jamais en un seul élan, mais un pas après l’autre. Un projet découpé en plusieurs paliers vous paraîtra moins intimidant.

  • Commencez la tâche qui vous bloque en décidant de vous y consacrer seulement pendant 5 minutes. Un travail commencé paraît moins pénible qu’on ne l’avait imaginé initialement. Ainsi, vous dédramatisez la tâche à accomplir. Et une fois les 5 minutes initiales écoulées, vous serez dans la dynamique de continuer votre travail.

  • Dans un premier temps, faites pour apprendre et non pour réussir. Voilà une autre manière de relativiser une tâche à effectuer. La procrastination apparaît souvent quand vous placez trop d’enjeu dans l’action à accomplir. «Si je n’y arrive pas, cela voudra dire que je suis ceci ou cela». Ne liez jamais votre valeur à un résultat, quel qu’il soit. Renoncez au perfectionnisme, commencez à agir, puis ajustez progressivement votre démarche en fonction des résultats obtenus. Acceptez d’apprendre avant d’atteindre votre objectif.
  • Partez à votre rencontre dans le futur. Imaginez que vous avez cessé de procrastiner et que vous avez atteint votre objectif. Visualisez-vous dans cette situation, ressentez votre satisfaction du devoir accompli, goûtez cette confiance en vous renouvelée, appréciez ce dynamisme qui vous anime. Entamez un dialogue avec votre vous du futur. Il vous indique le chemin à suivre, il vous démontre par l’exemple que vous possédez toutes les ressources pour atteindre votre objectif. Pour créer un effet de contraste, vous pouvez en parallèle rencontrer votre moi du futur qui a continué à procrastiner et qui a manqué son objectif. Visualisez son visage triste, ressentez sa tristesse et sa déception. Laquelle de ces deux personnes voulez-vous devenir ? Ce dernier exercice pourra vous sembler déconcertant, pourtant il nécessite simplement un peu d’imagination. Bien entendu, son effet sera plus puissant dans le cadre d’un accompagnement effectué par un professionnel.

Procrastiner, c’est risquer de passer à côté de son existence, d’endurer une crise de la cinquantaine.Alors pas question de procrastiner pour mettre un terme à la procrastination, surtout après 50 ans

Pour aller plus loin :

– Lien vers le sondage réalisé par ODOXA pour JeChange :

La procrastination : un défaut largement répandu … dont les Français aimeraient se défaire