Pourquoi il ne faut pas chercher le bonheur à tout prix

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Pourquoi il ne faut pas chercher le bonheur à tout prix

Dans notre vie quotidienne, nous sommes régulièrement confrontés à l’injonction au bonheur. Les médias regorgent de publicités mettant en scène des personnages heureux de consommer, d’acheter.

Il s’agit souvent ici d’un bonheur individualiste, mercantile et standardisé tel un black friday. Or, chacun de nous recèle en lui-même sa propre image du bonheur, sa définition illustrée d’expériences de référence où il a goûté à la félicité.

Parallèlement, de nombreux livres nous exposent des recettes, des méthodes nous promettant d’accéder au bonheur. Force est de constater que le bonheur est aujourd’hui un sujet à la mode.

Cette exposition continuelle à des images de réussite peut générer en nous de la frustration et de la culpabilité de ne pas être heureux, ou de ne jamais l’être suffisamment.

Elle peut nous amener à accumuler des signes extérieurs matériels de bonheur dans une compétition d’affichage de réussite sociale. Le risque est alors de poursuivre une existence qui n’est pas la nôtre, course vaine et sans espoir, dans laquelle nous nous épuisons à la poursuite de chimères consuméristes.

Si être heureux est un idéal à poursuivre, cela ne doit pas devenir une obsession d’autant que le bonheur se facilite plus qu’il ne se crée.

Ne pas confondre plaisir et bonheur

Nous avons tendance à amalgamer le plaisir avec le bonheur. Or, selon le neuroendocrinologue américain Robert Lustig, spécialiste de l’addiction aux sucres, il s’agit de deux notions distinctes aux conséquences neurologiques très différentes.

D’un côté, les plaisirs constituent des phénomènes immédiats et éphémères. De nature matérielle, ils sont liés à nos instincts. Ils peuvent être individuels, voire individualistes.

A l’intérieur de notre cerveau, les plaisirs génèrent la sécrétion d’un neurotransmetteur particulier, la dopamine, qui excite les neurones. Malheureusement quand nos neurones sont activés trop intensément ou trop fréquemment, ils peuvent disparaître.

La dopamine active le circuit de la récompense qui oriente nos comportements avec d’autant plus de puissance qu’il existe un risque d’addiction à ce neurotransmetteur.

De l’autre côté, le bonheur est une expérience de longue durée, de nature spirituelle. Lié à des interactions sociales de qualité, il procure un sentiment de contentement, de plénitude, la sensation d’être en harmonie avec le monde.

Contrairement à la dopamine, la sérotonine, neurotransmetteur lié au bonheur, ne détruit pas les neurones et ne présente pas de risque d’addiction. En effet, la sérotonine n’est pas un excitant mais un inhibiteur qui ralentit les neurones.

Pour Robert Lustig, plus on sécrète de la dopamine, plus la sérotonine a tendance à diminuer. En somme, notre cerveau nous impose la décision suivante : entre plaisir et bonheur, il faut choisir !

Être conscient que notre bonheur est aussi fonction d’éléments externes

Nous ne vivons pas hors sol, nous sommes reliés au monde, à nos contemporains. Et cela agit sur notre niveau de bonheur.

Le bonheur dépend aussi de facteurs sur lesquels nous n’avons pas ou peu de prise : nos origines familiales et sociales, les politiques publiques (santé, éducation, culture, sports, redistribution sociale…), l’état de paix ou de guerre dans notre pays, la conjoncture économique, les hasards de la vie…

Dans son ouvrage « Les sept habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent », l’auteur Stephen Covey développe les notions de cercle des préoccupations et de cercle d’influence, qu’il décrit comme deux anneaux concentriques.

Le cercle des préoccupations regroupe les choses sur lesquelles nous ne pouvons pas agir réellement, celles qui ne constituent seulement qu’une source ou qu’un objet d’inquiétudes.

Dans notre parcours de vie, il existe en permanence des éléments qui échappent à notre contrôle.

Se polariser excessivement sur notre cercle de préoccupations, c’est se résigner, au mieux à demeurer spectateur de notre propre existence, au pire à endosser le rôle de victime. Cela revient à laisser aux circonstances, à notre environnement extérieur, le soin de décider ou non de notre bonheur.

Le cercle d’influence, quant à lui, rassemble les éléments qui se trouvent sous notre contrôle, qui dépendent de notre responsabilité : le type de pensées que nous entretenons, le travail que nous effectuons sur nous-mêmes, les actions que nous initions,… Plus nous nous concentrons sur ce cercle, plus il s’agrandit sans jamais faire disparaître, cependant, le cercle des préoccupations. En effet, au fur et à mesure que nous nous polarisons sur notre domaine d’influence, nous développons une énergie positive et un nouveau mode de pensée.

Apprendre à discerner notre cercle de préoccupations et notre cercle d’influence, permet de nous concentrer sur les pensées et sur les actions utiles à notre bonheur.

 

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La formule du bonheur de Mo Gawdat, un outil de réflexion

Mo Gawdat, ingénieur et cadre dirigeant de Google, prétend avoir trouvé l’équation du bonheur. Si on peut douter que le bonheur puisse être réduit à une formule mathématique, cette équation n’en constitue pas moins une piste de réflexion intéressante.

Selon les travaux de Mo Gawdat, nous ressentons du Bonheur quand la soustraction suivante affiche un résultat positif ou nul :

(nos perceptions des événements de notre vie) – (nos attentes quant au déroulement de notre vie).

Cette formule repose sur le postulat que nous sommes heureux quand la vie se déroule comme nous le désirons. Au contraire, quand ce que nous percevons de notre vie n’est pas à la hauteur de nos attentes, nous sommes alors incapables de ressentir du bonheur.

Ce dernier ne dépend pas intrinsèquement des événements de notre vie mais de la manière dont nous percevons ces derniers. Il est également fonction de ce que nous attendons de la vie. Le bonheur relève donc de deux éléments éminemment subjectifs : nos perceptions et nos attentes.

Se focaliser uniquement sur les aspects négatifs de notre vie et entretenir des attentes illusoires, voilà deux recettes simples et efficaces pour construire nous-mêmes notre malheur.

Il faut savoir faire le deuil de certains de nos rêves d’enfant. A 50 ans, nous ne deviendrons plus champion olympique ou astronaute, mais il nous reste tellement de belles aspirations à réaliser.

Bien au contraire, il faut savoir détecter et savourer les multiples bonheurs simples de la vie. Il est également nécessaire de se fixer des défis ambitieux et réalistes qui nous obligent à sortir de notre zone de confort, à relever des challenges enthousiasmants.

S’accorder le droit de ne pas être heureux

S’accorder le droit de ne pas être heureux, c’est s’affranchir de l’obsession de la course au bonheur. C’est comprendre que le bonheur n’est pas une performance, une obligation ou un idéalisme naïf.

Il est impossible d’être heureux 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et tous les jours de l’année. Ne pas ressentir le bonheur ne signifie pas forcément que nous sommes en train de rater notre vie, c’est juste une étape de notre existence.

Selon les circonstances, il est parfois utile et sain de ne pas être heureux. Ressentir des émotions désagréables (peur, tristesse, colère, dégoût) nous indique qu’un besoin de changement se fait jour dans notre vie. Les émotions, plaisantes ou déplaisantes, constituent un formidable outil de pilotage à notre service, ne les noyons pas dans les marécages de l’injonction au bonheur. Les moments d’inconfort s’avèrent être souvent les plus instructifs pour la conduite de notre vie en nous signalant nos besoins insatisfaits.

Parfois, il peut s’avérer judicieux de renoncer à un bonheur à court terme pour un bonheur à plus long terme. Il s’agit alors d’une sorte d’investissement, mais attention à ne pas lâcher la proie pour l’ombre.

Enfin, il est pertinent de s’interroger sur la place du bonheur dans la hiérarchie de nos valeurs personnelles. La quête du bonheur doit-elle se faire au détriment de certaines autres de nos valeurs ? Par exemple faut-il sacrifier une partie de notre liberté pour atteindre le bonheur ? C’est à chacun d’apporter une réponse à cette question. Mais il est sage de respecter les deux principes suivants : ce choix doit s’effectuer en conscience et il doit être réversible.

Pour aller plus loin :

Fnac