Quelle signification donner à votre mal-être au travail à 50 ans ?

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Quelle signification donner à votre mal-être au travail à 50 ans ?

A l’orée de la cinquantaine, la transition du milieu de la vie se traduit par une phase de remise en questions multiples, par une recherche de nos « essentiels ». Elle nous interroge sur l’opportunité de réviser certains de nos choix de vie. Ce questionnement peut s’avérer si profond qu’il peut aboutir à une véritable crise de la cinquantaine.

Elle touche tous nos domaines de vie, nos rapports avec les autres ainsi que le lien que nous entretenons avec nous-même. Logiquement, elle peut aussi influer sur notre relation au travail.

Pour les personnes touchées par cette remise en question professionnelle, le retentissement sera d’autant plus important que le travail remplit de nombreuses fonctions dont elles n’ont pas toujours conscience.

Il est d’autant plus important d’être attentif aux signes indiquant que notre relation au travail s’est dégradée, ainsi que d’identifier les raisons possibles du mal-être au travail.

Les 5 fonctions latentes du travail

Bien évidemment, le travail possède un caractère économique. Le revenu qu’il nous procure détermine le niveau de vie dont nous bénéficions, les biens ou les services que nous pourrons nous acheter.

Mais, outre sa fonction économique, le travail comporte des aspects moins perceptibles. Ainsi, dans l’ouvrage «Les chômeurs de Marienthal» écrit avec Paul Lazarsfeld et Hans Zeisel, la psychologue Marie Jahoda recense 5 fonctions latentes du travail.

La structuration du temps

Le travail structure et organise notre temps. Le temps que nous y passons, le temps où nous y pensons, le temps du repos. Le travail découpe ainsi notre vie en phases distinctes, en journées, en mois, en années. Il nous fournit un cadre de perception du temps où nous pouvons planifier nos actions.

Les relations sociales

Le travail est le support de nombreuses interactions avec d’autres personnes (hiérarchie collègues, clients, fournisseurs…). Bien entendu, ces interactions ne sont pas toujours agréables à vivre, elles s’avèrent même parfois difficiles. Mais elles nous permettent de tisser un réseau social au même titre que la famille, les amis, les voisins ou l’implication dans la vie associative.

Le développement de compétences

Travailler, c’est faire appel à nos compétences, et par conséquent les développer. Ces compétences concernent le savoir, le savoir-être, le savoir-faire et le savoir-faire-faire pour les personnes en situation d’encadrement.

Sentir que nous stagnons dans notre travail ou que nous perdons en compétences peut être la source d’un grand désarroi professionnel.

La construction identitaire

Le travail revêt un fort aspect identitaire. Régulièrement, nous nous définissons auprès des autres en indiquant notre métier «je suis comptable, je suis menuisier, je suis informaticien…». Avoir un métier, c’est assumer une fonction, avoir un statut, c’est se sentir utile. Au-delà de son caractère individuel, cette construction identitaire peut s’exprimer collectivement à travers le sentiment d’appartenance à une entreprise, à un organisme public, à une catégorie sociale.

La souplesse psychique

Travailler, c’est relever des défis, atteindre des objectifs, respecter des délais, s’adapter à l’imprévu, collaborer avec des personnes très différentes. Cette gymnastique quotidienne développe notre capacité d’adaptation.

Comme nous venons de le voir, votre relation au travail est à la croisée de nombreux enjeux dont nous ne sommes pas toujours conscients.

La remise en question professionnelle peut se traduire par différents symptômes.

Ce que vous ressentez quand votre relation au travail s’est altérée

Ces signes ressentis varient en fonction de la personnalité et de l’histoire de chacun. S’il n’est pas réaliste d’en faire un recensement exhaustif, il s’avère toutefois utile de connaître les plus fréquents d’entre eux.

Voici donc une présentation de certains de ces indices qui peuvent se manifester de manière séparée ou groupée :

  • Vous ressentez l’impression d’avoir fait le tour de votre poste. Votre vie professionnelle s’apparente à une routine bien huilée, mais sans vous offrir de défis stimulants.
  • Vous avez perdu le feu sacré de votre début de carrière. Quand vous pensez à votre travail, vous vous sentez désabusé(e), voire déprimé(e). Vous avez l’impression de ne plus être à votre place. Vous ne comprenez plus le sens de votre travail.
  • Vous avez le sentiment d’avoir sacrifié votre vie personnelle pour une carrière qui s’avère finalement décevante. Vous percevez cela comme une injustice. Le coût de votre vie professionnelle vous semble disproportionné.
  • Vous vous sentez menacé(e) par l’instauration de nouvelles manières de travailler. Vous redoutez de ne pas savoir vous adapter, de voir vos compétences devenir obsolètes.
  • Vous êtes victime du Syndrome de Robinson Crusoé qui, dès le lundi matin, vous amène à penser « vivement vendredi !». Réciproquement, le dimanche soir vous plonge dans les affres du blues à la simple idée d’aborder une nouvelle semaine de travail. Vous avez l’impression de ne vraiment vivre que 2 jours par semaine et 5 semaines par an.
  • Vous estimez que votre potentiel professionnel est trop peu ou mal utilisé par votre entreprise. Vous en concevez une absence de reconnaissance, un manque de considération au travail.

Ces ressentis peuvent être à l’origine d’une véritable souffrance au travail. Comme nous le verrons plus bas, ils n’apparaissent pas sans raison. Ce sont de bons annonciateurs d’une période de transition de vie, voire des indicateurs fiables d’une crise de la cinquantaine.

Il convient d’être à l’écoute de ces différents signes, particulièrement s’ils deviennent récurrents.

En effet, si la situation perdure, le risque est de se sentit « out » de son métier.

 

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A 50 ans, êtes-vous «out» au travail ?

Burn out, bore out et brown out constituent trois manières différentes d’être «out» au travail.

Le burn out

On en parle beaucoup, mais au fait qu’est-ce qu’un burn out ? Le burn out professionnel, c’est l’épuisement par excès de travail. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, il résulte d’un « stress chronique au travail qui n’a pas été correctement géré. Trois dimensions le caractérisent :

  • un sentiment de manque d’énergie ou d’épuisement;
  • un retrait vis-à-vis du travail ou des sentiments de négativisme ou de cynisme liés au travail;
  • une perte d’efficacité professionnelle.

Le bore out

Le bore out, c’est l’épuisement professionnel par l’ennui au travail. La personne souffrant de bore out ressent un vide professionnel, une impression d’inutilité et une dévalorisation d’elle-même.

Elle est victime d’un cocktail nocif de démotivation, d’anxiété, d’isolement, de culpabilité et de tristesse.

Tous ces facteurs combinés peuvent la conduire à s’éteindre progressivement, à s’épuiser petit à petit.

Le brown out

Le brown out, c’est le rejet d’un travail qui semble démuni de sens ou d’intérêt. La personne atteinte de brown out ne comprend plus sa place, ni son rôle dans l’organisation. Le brown-out se traduit par une diminution de l’engagement dans le travail.

Les raisons possibles de votre mal-être au travail

Si vous vous sentez mal à l’aise dans votre travail, les raisons s’avèrent souvent multiples. Ces dernières peuvent même trouver leurs origines dans un passé éloigné.

Le choix de votre métier

Le choix d’un métier est intervenu tôt dans votre vie, à une période où vous vous connaissiez mal.

Au moment d’opter pour une voie professionnelle, vous avez peut-être privilégié les attentes de votre entourage au détriment de vos envies, de vos talents, de vos besoins personnels. D’ailleurs, compreniez-vous réellement vos désirs, vos souhaits personnels ?

Vous avez alors passé votre carrière professionnelle à vous sur-adapter, c’est-à-dire à vous adapter aux contraintes extérieures au détriment de vos besoins personnels. Cela demande beaucoup d’énergie et vous épuise sur le long terme. A 50 ans, vous pouvez légitimement vous sentir fatigué(e).

La cinquantaine, une période de déception professionnelle

Après avoir progressé dans votre métier, dans la hiérarchie, vous prenez conscience que les opportunités de promotion s’amenuisent. Vous n’accéderez sans doute pas au poste que vous convoitiez depuis des années, à la situation qui vous faisait rêver à votre début de carrière.

Un travail de deuil et d’acceptation peut s’avérer nécessaire afin d’ouvrir la porte à d’autres projets.

Votre profession s’est dévalorisée au fil du temps

Au début de votre carrière, votre profession était considérée comme socialement «noble», puis elle a été touchée par un mouvement de dévalorisation sociale. Par effet de contagion, vous vous sentez dévalorisé(e). C’est le cas, par exemple, des métiers concernant l’enseignement ou la médecine.

Votre métier a perdu de sa substance

Certains métiers sont devenus moins concrets, plus abstraits. Cette tendance est liée au développement de la numérisation et de la gestion de données dans les entreprises et les organisations. Ce qui faisait l’intérêt de votre profession a peut-être disparu sous l’effet de l’évolution technologique générant une perte de sens au travail.

L’environnement de votre métier s’est modifié

Si votre cœur de métier est resté inchangé, votre environnement de travail, quant à lui, a été modifié. La PME familiale dans laquelle vous travaillez depuis 20 ans a été rachetée par une société plus importante, votre entreprise a fusionné avec une autre, votre collectivité locale a fait l’objet d’une réforme de grande ampleur. Tout cela transforme les relations humaines dans l’entreprise, son organisation, le style de management. Autant de points de repères qui disparaissent et qui influent sur le sens et l’intérêt que vous donnez à votre travail.

La relation que vous entretenez avec votre activité professionnelle se trouve donc au cœur de nombreux enjeux qui vont bien au-delà de la seule dimension économique.

Il est donc important de comprendre les raisons de votre mal-être au travail, voire de votre souffrance au travail, d’appréhender leurs relations avec la crise de la cinquantaine.

D’autant qu’il existe des clés permettant de sortir par le haut de cette période délicate.

Pour aller plus loin :

  • Les 5 fonctions latentes du travail, Grésy, J-E., Poisson, V.,1er juin 2016, RMS Magazine
  • Les chômeurs de Marienthal de Marie Jahoda, Hans Zeisel et Paul Felix Lazarsfeld – Les Editions de Minuit : Lien vers le livre sur le site de la FNAC