Un outil simple pour décider : le quadrant du changement

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Un outil simple pour décider : le quadrant du changement

Le cours de notre existence est jalonné par de nombreuses prises de décision. Certaines sont anodines, d’autre au contraire marquent une inflexion importante de notre parcours de vie. Dans cette dernière hypothèse, la peur du changement peut alors obscurcir la clarté de notre réflexion et entraver notre passage à l’action.

Le quadrant du changement, outil simple à mettre en œuvre, permet d’élargir notre champ de réflexion afin d’effectuer nos choix en pleine conscience.

La peur du changement

Quand nous envisageons une modification dans nos vies, nous avons trop souvent tendance à nous focaliser sur les risques ou les douleurs que nous encourons, aiguillonnés que nous sommes par la peur du changement.

Comme toutes les émotions, la peur a une utilité dans la conduite de nos vies. Elle a pour fonction de nous indiquer un danger présent ou à venir. C’est un système d’alerte et de protection qui contribue à nos éviter des douleurs, à préserver notre intégrité physique ou psychologique, voire à assurer notre survie.

Dans un cadre sécurisé, il peut nous arriver d’aimer avoir peur et même de rechercher cette sensation. La peur exacerbe alors notre sentiment d’être vivant. Pour ce faire, les moyens adoptés sont divers : regarder un film d’horreur, éprouver les frayeurs du grand huit au parc d’attraction, effectuer un saut en parachute… La peur s’apparente ainsi à un divertissement, à l’ouverture à une dimension pimentée de la vie.

Quand la peur nous préserve de périls réels, elle joue pleinement son rôle. Mais lorsqu’elle anticipe des dangers imaginaires ou exagérés, elle peut saboter l’orientation de notre existence.

Par ailleurs, la peur peut nous aider physiologiquement (accélération des rythmes cardiaque et respiratoire) à passer à l’action afin d’éviter un danger, selon le choix binaire « fuir ou combattre ».

Mais elle peut également nous paralyser, inhiber notre réflexion, empêcher notre passage à l’action.

Quand vient l’heure d’effectuer un choix de vie important, la peur du changement frappe immanquablement à notre porte. Voilà une bonne raison de faire plus amplement connaissance avec cette invitée impromptue. Derrière le terme de peur du changement se cache plusieurs craintes particulières qu’il convient de détailler :

  • la peur de l’inconnu. C’est l’application de la maxime « on connaît ce que l’on quitte, pas ce que l’on va trouver ». Afin de réduire la crainte de l’inconnu, il est utile de définir le changement désiré le plus précisément possible et de manière réaliste.
    Par ailleurs, il faut être conscient de la distinction entre le risque et le danger. La notion de risque revient à s’interroger sur ce qu’on accepte éventuellement de perdre, même temporairement, par l’exercice de notre choix. Il s’agit de se fixer une limite à ne pas dépasser. On évite ainsi de se mettre en danger.
  • la peur de ne pas pouvoir faire face et de perdre le contrôle. En sortant de notre zone de confort, nous nous écartons du domaine où nous avons éprouvé nos aptitudes. Nous devrons sans doute construire de nouvelles compétences. Nous parlons ici de compétences au sens large : se mettre à faire du sport, arrêter de fumer ou se lever plus tôt le matin, autant de décisions qui impliquent l’adoption de nouveaux savoir-faire. Acceptons que tout changement nécessite du temps et de la persévérance de notre part.
    Autorisons-nous également une part d’imprévu dans notre vie, dans un premier temps pour choses peu anodines, puis pour des sujets plus importants. C’est une manière d’apprivoiser le lâcher-prise.
  • la peur du jugement des autres. Changer, c’est exposer une nouvelle facette de sa personnalité au regard des autres, à leur appréciation pas toujours empreinte de compréhension. N’oublions pas que l’avis des autres n’est que la vie des autres, en nous critiquant ces derniers parlent plus d’eux (de leurs croyances dans la vie, de leurs valeurs, de leurs convictions) que de nous. Nous n’avons pas besoin de rechercher la validation des autres pour vivre notre vie.
  • la peur de paraître incohérent. Nous voulons tous paraître pour des personnes responsables et cohérentes. Aussi, quand nous sommes engagés dans une voie, il nous est difficile de changer de chemin. Donnons-nous le droit de modifier nos choix quand cela s’avère nécessaire, l’entêtement n’est pas une marque de cohérence, mais un emblème de rigidité.
  • La peur du coût d’opportunité. Effectuer un changement dans notre vie, c’est abandonner automatiquement beaucoup d’autres opportunités. Cela se vérifie dans tous nos domaines de vie. Décider de dîner dans une crêperie revient à renoncer à manger dans une pizzeria, dans un restaurant indien ou dans un bistrot. Choisir c’est renoncer. D’où la nécessité de bien connaître nos «importants».

Pour autant qu’elle soit désagréable, la peur de changer recèle également un côté positif. Son rôle est de nous indiquer les risques et les douleurs liés au changement. Plutôt que les combattre, il convient d’en accueillir le message et de l’intégrer à une réflexion plus globale.

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Le quadrant du changement

En nous concentrant uniquement sur les risques et les douleurs de changer, nous limitons notre champ de notre réflexion.

Le quadrant du changement nous permet de bâtir une vision à 360 degrés de la décision à prendre. Pour ce faire, il convient d’examiner les risques/douleurs et les bénéfices de changer d’une part, et de ne pas changer d’autre part.

De surcroît, le quadrant du changement intègre le fil du temps dans notre réflexion, afin de voir au-delà de notre ligne d’horizon actuelle.

En effet, un changement peut être risqué ou douloureux à court terme, mais s’avérer bénéfique à moyen et long terme. Par exemple, aller courir à l’extérieur nous impose de sortir du confort de notre domicile, d’affronter une météorologie parfois désagréable (vent, froid et pluie), de faire des efforts physiques, d’endurer des courbatures, mais en bout de course, nous améliorerons notre santé et notre niveau d’énergie.

Et inversement, un changement peut procurer des bénéfices qu’à court terme uniquement, avant de générer des risques ou de la douleur à plus longue échéance. Ainsi, manger trop souvent des sucreries satisfait promptement notre envie de gourmandise tout en altérant notre santé à plus longue échéance.

Prenons donc garde à ne pas succomber à la dictature du court-termisme dans la construction de nos choix. N’insultons pas l’avenir en lui privilégiant un court terme éphémère et trompeur.

Puis, il convient de graduer notre quadrant du changement en attribuant une note de 1 à 10 à chacun des risques/douleurs et bénéfices recensés. Sur cette échelle de notation, 1 correspond à une faible importance de l’élément noté, alors que 10 représente une importance élevée.

Afin d’identifier le cap indiqué par notre quadrant du changement, il suffit alors de déterminer lequel de ces deux totaux suivants est le plus élevé :

  • le total regroupant les notes des risques/douleurs liés au changement ainsi que la valeur des bénéfices de garder la situation en l’état.
    Sur notre quadrant ce total nous préconise de ne pas changer.
  • le total de la valeur des bénéfices générés par le changement augmenté des notes des risques/douleurs associés au statu quo.
    Sur notre quadrant, ce total nous désigne la direction du changement.

La globalité de cette démarche peut être synthétisée par le tableau ci-dessous :

Savoir décider, le quadrant du changement
Le maniement du quadrant du changement doit être assorti de précautions d’emploi.

D’abord, pour être utile dans la fixation de votre cap, le quadrant du changement doit être pratiqué avec une grande honnêteté intellectuelle. Il serait dommageable de nous mentir à nous-mêmes dans le recensement et la pondération de nos risques/douleurs ou de nos bénéfices.

Par ailleurs, il faut être conscient que nos choix de changer ou de ne pas changer affectent collatéralement d’autres personnes. Dans l’exercice de notre libre arbitre, il nous revient de respecter autrui et de limiter les conséquences négatives de nos décisions sur nos semblables.

Cet exercice peut être réalisé régulièrement, si la pondération des risques/douleurs ou des bénéfices fluctue au fil du temps. En outre, de nouveaux risques/douleurs ou de nouveaux bénéfices se font parfois jour au gré des circonstances.

Pour les changements les plus importants, il peut être utile de faire accompagner par un professionnel.

Ce quadrant s’avère également utilisable à un niveau collectif, pour un couple, pour une famille, pour une association, pour une entreprise.

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